Courrier de Christophe Devera, votre professeur de danse classique

La danse à l'heure où presque seule la communication numérique est possible.

La danse à l'heure où presque seule la communication numérique est possible.

Cette période de confinement provoquant l'arrêt pur et simple de toute rencontre et d'échanges sociaux physiques est un événement absolument inédit pour notre génération. La danse et le monde de la danse en sont mis brutalement au pied du mur, tant pour les acteurs du spectacle vivant que pour la transmission de la technique et du répertoire.

De nombreuses initiatives numériques ont spontanément vu le jour ces dernières semaines, notamment pour l'entraînement du danseur. Nombre de tutoriels, de streaming, de cours de danse enregistrés de tous niveaux sont maintenant disponibles sur divers sites internet. Mais forcément, on assiste à l’essoufflement de toute cette énergie. Le numérique permet certainement beaucoup, mais il ne peut évidemment pas tout. En d'autres termes, en ce qui concerne la danse, et qui plus est la danse classique, l'on finit plus ou moins rapidement par "tourner en rond"

La danse n'a pas de défi à relever.

C'est le numérique qui a un défi

à relever avec la danse.

De plus, la mise en œuvre s'avère bien compliquée sans le matériel et l'environnement adéquats. Les intérieurs ne sont pas adaptés à la pratique de la danse, tant pour ce qui concerne le sol et son revêtement, l'espace disponible, la hauteur du plafond ou tout simplement le renouvellement de l'air ! En général, il manque la barre et la glace.

Aussi, la pratique de la danse ne se limite pas qu'à un entraînement physique ; même si cela peut aller un temps. Par son essence même, la danse fait intervenir la sensibilité de l'exécutant. Le mouvement est un ressenti, une expression, une émotion. Le plus jeune danseur a une histoire à raconter par son mouvement expressif. C'est bien dans ce sens que le numérique a un sacré défi à relever, tant pour le chorégraphe que le danseur, et tant pour le maître que l'élève.

La Danse Classique à l'Académie G. Fauré.

Selon le niveau et l'âge, je prépare un courrier par semaine pour mes élèves danseurs, leur suggérant un plan de travail court pour un entraînement faisant entrer en jeu le corps en s'appuyant sur la mémoire physique du travail déjà acquis. J'espère aussi en profiter pour permettre l'approfondissement du ressenti personnel.

Je me suis toujours appliqué à enseigner la danse classique académique de l'école française issue de l'Opéra ; les conditions actuelles vont d'ailleurs peut-être me permettre de m'attarder encore plus sur la terminologie de la danse.
Enfin, le plan de travail pourra peut-être aussi se résumer en une simple culture guidée, à la maison, seul ou en famille.

Il n'y a aucune obligation d’exécution de travail. Il est à savoir que certains élèves peuvent peut-être ne jamais s'y retrouver, mais c'est bien la pratique de la danse qui apprend que tout ce qui parait impossible peut finalement s'avérer réalisable après un certain temps.

Cette année, les élèves en danse classique préparaient le gala de danse qui a lieu tous les deux ans à l'académie et qui était programmé les 6 et 7 juin 2020. Je regrette sincèrement de ne pouvoir offrir aux familles le plaisir de voir leurs enfants à cette occasion ni même dans un contexte plus restreint dans le cadre de nos traditionnelles portes ouvertes qui clôturent l'année. J'en suis absolument désolé.

L'année prochaine, je peux vous assurer que, selon les possibilités, j'organiserai au plus vite des événements ou des portes ouvertes pour que les élèves puissent se produire d'une manière ou d'une autre et afin que les familles puissent aussi en profiter et ainsi mesurer les progrès.

Prenez bien soin de vous tous mes chers élèves et chers parents.

 

"Je danse, donc je suis" M. Béjart

"Je danse, donc je vis" I. Duncan

 

Christophe Devera

 

PS : Les courriers d'objectifs de travail vont suivre.